sábado, 23 de abril de 2011

Ce qu’est le terrorisme d’Etat en Colombie


21 avril 2011
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Pour comprendre la réalité colombienne, très « médiamensongée », il faut bien comprendre deux prémisses fondamentales : une réalité de profonde iniquité sociale et la terreur comme réponse de l'Etat aux revendications populaires.

Piller, éliminer les mécontents et piller à nouveau

L’histoire de la Colombie est définie par la mise à sac de ses ressources : par le Terrorisme d’Etat pour maintenir un status quo d’injustice sociale. L’Etat colombien facilite la mise à sac des ressources naturelles et humaines de la Colombie : il est le garant des intérêts des multinationales et de l’oligarchie. Il assassine tout qui revendique la justice sociale, il rase des villages entiers avec pour finalité de vider et rendre disponibles des terrains de haut intérêt économique : c’est l’élimination systématique de la revendication sociale, politique, économique, écologique…

C’est une situation dramatique que les mass-media occultent ou « médiamensongent » systématiquement. Actuellement, les médiamensonges prétendent faire croire que le gouvernement de Santos est plus modéré, mais rien n’est plus éloigné de la réalité ; voici quelques données : pendant les 75 premiers jours de son mandat, 22 défenseurs des droits de l’homme ont été assassinés (1) ; pendant les 90 premiers jours de son mandat, 50 opposants politiques ont été assassinés (selon PDA) ; 3 enfants ont été violés et assassinés par l’armée, ce qui s’inscrit dans les pratiques du Terrorisme d’Etat (2). L’extermination de l’opposition, la guerre continue et l’appauvrissement continuent à s’intensifier avec Santos, comme le montrent les bombardements démesurés, les disparitions forcées, les emprisonnements politiques et les Lois nuisibles qui augurent de plus de privatisations et de déplacements massifs de populations, comme c’est le cas avec la « Loi des terres », présentée comme la panacée par les médias et qui cependant est « une loi prise sans consultation, qui met des vies en jeu et qui légalise le vol »(3)

Les chiffres sont importants car ils permettent de donner une dimension à ce qui est un des génocides les pires de l’histoire contemporaine de l’humanité, un génocide silencieux.

Chiffres du Terrorisme d’Etat en Colombie :


  • Seulement ces trois dernières années, plus de 38.255 personnes ont disparu
    On estime à 250.000 les personnes disparues (séquestrées ou torturées) durant les 20 dernières années, par la logique de « dissuader la revendication par la terreur » (l’Etat cherche à faire perdurer la terreur en faisant disparaître les corps, pour prolonger ainsi l’angoisse des survivants). (1)

  • L’élimination physique de tout un parti politique,
    l’Union Patriotique (UP), plus de 5000 personnes de l’UP assassinées par l’Etat (2)

  • Plus de 2778 syndicalistes assassinés
    60% des syndicalistes assassinés dans le monde sont assassinés en Colombie au moyen du Terrorisme d’Etat. (3)

  • 68% de la population colombienne vit dans la pauvreté et l’indigence
    La concentration des richesses est scandaleuse : la Colombie est le 11ème pays avec le plus d’inégalité sociale au monde (11ème position de coefficient GINI d’inégalité), et c’est le pays le plus inégalitaire du continent américain. Nous parlons du fait qu’il y a, selon les chiffres les plus modérés, 8 millions d’indigents et 20 millions de pauvres (4). 





     
  • Plus de 20.000 enfants par an (de moins de 5 ans) meurent de malnutrition aiguë (chiffres de l’UNICEF) ; pour 100 mères enceintes, 80 souffrent de malnutrition chronique (5).
    Simultanément et corrélativement à cette misère, un seul banquier, Sarmiento Angulo, contrôle 42% du crédit national et a déclaré des gains de 1250 millions de dollars durant le second semestre de 2009. (6)

  • 10 millions d’hectares de terre volées
    offertes aux multinationales, aux grands latifundiaires, et aux nouveaux caciques paramilitaires ; le scandale de l’ « assurance agro-revenu » est venu consolider le dépouillement des victimes (8).

  • La plus grande fosse commune d’Amérique Latine,
    située derrière le bataillon militaire de l’armée, dans la Macarena, une découverte dantesque, qui n’a cependant pas suscité la désapprobation internationale que mérite le régime colombien : plus de 2000 cadavres de disparus par la force Omega du « Plan Colombie » (9).

Le terrorisme d’Etat c’est : l’utilisation d’une Force Paramilitaire pour semer la terreur dans la population, la rendre docile et la déplacer, un Outil d’horreur qui pratique la violence massive, le dépeçage à la tronçonneuse, l’empalement et d’autres horreurs terrifiantes.
Une enquête du Ministère de la Justice et de la Paix de février 2010 indiquait que les paramilitaires avaient perpétué 30.470 assassinats en 15 ans… Dans une enquête récente, de janvier 2011, le Ministère Général a révélé qu’il possède 173.183 homicides documentés, 1597 massacres documentés et 34.467 disparitions perpétuées par les paramilitaires, crimes commis entre 2005 et décembre 2010… et le drame se devine encore plus dantesque… Plusieurs paramilitaires ont témoigné de la nature stratégique de L’Ecole Paramilitaire pour l’Etat colombien lui-même, et ont donné des dizaines de noms de généraux, d’entrepreneurs, de multinationales, de politiques encourageant le « paramilitarisme »… et il n’y a toujours aucune condamnation internationale urgente et justifiée de l’Etat colombien qui, impunément, continue ces pratiques génocidaires. (10)

Des milliers de fosses communes contenant des milliers de cadavres de colombiens massacrés par le paramilitarisme de l’Etat colombien : les paramilitaires ont donné quelques coordonnées de fosses afin de pouvoir ainsi accueillir la « Loi de Justice et de Paix », loi confectionnée sous la direction d’un des plus grands promoteurs du paramilitarisme : Uribe. Une loi qui leur confère l’impunité s’ils montrent du « repentir ». Déjà en avril 2007, quand se terminait la première année de recherche des fosses communes, le Ministère avait reçu 3710 dénonciations de sites où il y avait à chercher ; mais la majorité n’avait pas pu être explorée, selon l’Etat, par « manque de moyens »… Les familles des victimes attendent qu’on effectue des analyses ADN des cadavres et des restes retrouvés, mais l’Etat justifie son inefficacité en raison de « débordement » et de « manque de moyens »…. Moyens dont il dispose cependant lorsqu’il s’agit de payer les militaires et les paramilitaires.

Les lois d’impunité pour les paramilitaires et leurs financiers se sont renforcées sous le gouvernement de Santos : « (Les informations qui pourraient émerger dans le cadre des accords ne pourra, en aucun cas, être utilisée comme preuve dans un processus judiciaire à l’encontre du sujet qui souscrit à l’Accord de Contribution à la Vérité Historique et à la réparation ni contre des tiers ». Loi 1424, approuvée en un temps record le 15 décembre 2010 (11)

Le terrorisme d’Etat c’est : des Fours Crématoires et des élevages de caïmans de l’Outil Paramilitaire de l’Etat et des multinationales…. Où les paramilitaires ont fait disparaître des milliers de personnes…(12)

Des milliers d’assassinats, et parmi ceux-ci le scandales des « faux positifs » : les militaires ont enlevé des jeunes hommes, les ont déguisé en guérilleros et les ont assassinés, présentant les cadavres comme « des guérilleros tombés au combat ». Les mass media se chargent de diffuser le montage, car en Colombie les mass media prennent pour avéré ce qu’affirment les sources militaires. C’est ce que font les militaires pour « montrer des résultats » dans leur guerre contre les insurgés, et aussi pour assassiner les civils qui les dérangent. La médiatisation des morts prétendument guérilleros est absolument macabre : ils montrent des corps alignés, à demi dénudés… C’est de cette façon qu’on modèle l’opinion publique à la déshumanisation des guérilleros. La directive 029 du Ministère de la Défense développe les « faux positifs », et il y a plus de 2472 cas documentés d’assassinats de civils, ce qui est une évidence de l’existence d’une politique d’Etat. (13)

Plus de 7500 prisonniers politiques,
parmi eux beaucoup de victimes de montages judiciaires, une pratique commune contre les activistes sociaux (14)

Des centaines d´Auto-attentats
un autre genre de « faux positifs » de la part des forces policières et militaires, qui ont posé des bombes en plein Bogota pour créer de cette façon la base pour des montages médiatiques de discréditation des guérillas. Ces auto- attentats ont été préconisés par le DAS, Département Administratif de la Sécurité, comme cela a été constaté dans des documents. (15)

Présence de nombreux militaires étasuniens et de mercenaires israéliens
Les violations des Droits de l’Homme s’approfondissent dans ce qui devient de toute évidence un pays occupé : il y a en Colombie une présence de nombreux militaires étasuniens et de mercenaires israéliens, et 7 bases militaires américaines ont été implantées ; de plus l’Etat colombien a conféré aux Marines une totale immunité pour tous les crimes qu’ils commettent en Colombie. Il y a déjà de nombreux cas de filles violées par les Marines, avec une impunité totale, car les Marines ont « carte blanche » pour violer, torturer et assassiner en Colombie. (16)

La violence de l’assaut du grand capital, dans son angoisse de perdre la Colombie comme « cave à ressources » de haute valeur, a créé et maintenu ce rejeton qu’est l’Etat colombien.

Cela fait des années que cet Etat criminel n’existerait pas sans « l’aide » démesurée des USA et de l’Union Européenne, ni sans l’endettement du peuple colombien pour financer les gaspillages militaires, ni sans sa Stratégie paramilitaire de Terrorisme d’Etat. Sans ses appuis militaires et médiatiques, l’Etat colombien n’aurait pas pu perpétrer tant de barbarie ; et le peuple colombien aurait conquis sa véritable indépendance, son émancipation de tant de cupidité, de mort et de douleur.

VOIR AUSSI :

Trente bombes pour quoi ?


Notes du texte
(1) http://www.rebelion.org/noticia.php...;;titular=denuncian-el-asesinato-de-22-defensores-de-derechos-humanos-en-los-primeros-75-d%EDas-de-
(2) http://www.rebelion.org/noticia.php...;;titular=el-estado-colombiano-secuestra-viola-y-asesina-a-ni%F1os-en-arauca-
(3) http://www.rebelion.org/noticia.php...;;titular=%22ley-de-tierras-de-santos-es-una-ley-inconsulta-que-pone-vidas-en-riesgo-y-

Notes du cadre

Le crime d’Etat qui consiste en la disparition forcée de la « démocratie » en Colombie a dépassé depuis peu les chiffres dramatiques de la dictature argentine : au cours des 3 dernières années, le Terrorisme d’Etat a fait disparaître 38.255 personnes (chiffres de février 2010, médecine légale et du ministère public)… pour une estimation sur les 20 dernières années de 250.000 disparus… Les estimations de disparitions forcées son minimisées par l’Etat (l’assassin), mais il a cependant dû reconnaître au moins 50.000 disparus.

Conférence de Piedad Cordoba à Madrid en mai 2010 « Il y a 250.000 disparus en Colombie ces dernières années »


http://www.rebelion.org/noticia.php...;;titular=%22hay-250.000-desaparecidos-en-colombia-en-los-%FAltimos-a%F1os%22-
http://www.rebelion.org/noticia.php...;;titular=piedad-c%F3rdoba-denuncia-la-pasividad-internacional-y-pide-que-se-condicione-el-tlc-con-europa-
Colombie : Second Congrès Mondial sur les Disparitions Forcées :http://www.youtube.com/watch?v=YNQg...

Disparitions, crime du Terrorisme d’Etat en Colombie : http://www.kaosenlared.net/noticia/...


(2) Union Patriotique : 5000 militants exterminés : Génocide politique, crime d’Etat : http://www.rebelion.org/noticia.php...
Le plan de l’Etat et de la CIA pour exterminer l’UP s’appelait « Danse Rouge ». Documentaire de Yesid Campos sur le génocide politique de l’Union Patriotique : http://video.google.com/videoplay?d...;;ei=PpiKS7CINMag-Ab6tKD0BA&q=el+baile+rojo
2778 syndicalistes assassinés au 30 décembre 2010. 60% des syndicalistes assassinés dans le monde l’ont été en Colombie, du fait du Terrorisme d’Etat. La Colombie détient le record du monde des assassinats des syndicalistes : http://www.kaosenlared.net/noticia/...

« 60% des assassinats de syndicalistes dans le monde sont commis en Colombie(…) une violence historique, structurelle, systématique et sélective qui s’est muée en règle de comportement de l’Etat colombien : cette violence a fait, depuis 1986, au moins 2778 syndicalistes assassinés, 196 disparitions forcés et plus de 11.096 faits de violence, ce qui constitue un génocide contre le mouvement syndical colombien »


(4) L’étude de la MESEP, Pauvreté et Inégalités 2009, a comptabilisé 8 millions de colombiens indigents et 20 millions de pauvres. Dans les zones rurales, sur 100 familles, 65 sont considérées pauvres et 33 indigentes.

http://www.abpnoticias.com/index.ph...;;task=view&id=2446&Itemid=90




Colombie, pauvre parmi les pauvres : http://alainet.org/active/33960&amp...;;=es


(6) Sarmiento Angulo, le patron le plus riche de Colombie est, avec une poignée d’oligarques au rang desquels on remarque Ardila Lule et Santo Domingo, le principal promoteur de la néfaste « Sécurité Démocratique » du gouvernement Uribe, et comme par hasard, Uribe a obéi à chacune de ses suggestions en un temps record, comme cela s’est passé quand Sarmiento Angulo a proposé que « l’impôt pour financer la « sécurité démocratique » soit permanent et qu’il s’étende à tous les colombiens : http://www.lasillavacia.com/histori...
Colombie : les gains et bénéfices des grandes entreprises croissent : http://www.desdeabajo.info/index.ph...;: http://www.desdeabajo.info/index.ph...
Modèle néolibéral et inégalités en Colombie 
Publié le 15 février 2010 : les gains du secteur financier ont atteint 8,5 milliards de dollars. http://www.elespectador.com/articul...
(7) Information CODHES, novembre 2010 : 4,9 millions de personnes déplacées.
MOVICE, Mouvement National des Victimes des Crimes d’Etat : 4,5 millions de déplacés, 2009 : http://www.elespectador.com/articul...
(8) MOVICE : 10 millions d’hectares de terres spoliées aux paysans, chiffres de 2009 : http://www.movimientodevictimas.org...;;task=view&id=274&Itemid=69
(9) La plus grande fosse commune d’Amérique Latine, une découverte dantesque, qui cependant n’a toujours pas suscité la réprobation internationale que mérite le régime colombien : plus de 2000 cadavres de disparus du fait de la force Omega du « Plan Colombie ». L’armée aurait enterré ici des disparus depuis 2005 : http://www.publico.es/internacional...
(10) Utilisation d’une Force Paramilitaire pour semer la Terreur dans la population. Information du Ministère de la Justice et de la Paix, février 2010 ; les paramilitaires ont avoué avoir perpétré 30.470 assassinats en 15 ans : http://www.telesurtv.net/noticias/s...
Dans une information récente, de janvier 2011, le Ministère Général a révélé qu’il détient 173.183 cas d’homicides documentés, 1597 massacres et 34.467 disparitions commises par des paramilitaires, crimes perpétrés entre 2005 et décembre 2010 :
http://www.rebelion.org/noticia.php...;;titular=cifras-alarmantes-de-cr%EDmenes-cometidos-por-la-herramienta-paramilitar-de-estado-y-multinacionales-
Des témoignages de paramilitaires, de survivants et les résultats d’examens de médecine légale ont mis en évidence que la Stratégie paramilitaire de l’Etat a défini une méthode pour dépecer les corps humains : en donnant des « cours » pendant lesquels on utilisait des personnes vivantes amenées aux camps d’entraînement. Francisco Villalba, le paramilitaire qui a dirigé la barbarie sur le terrain à Aro (Antioquia), durant laquelle ils ont torturé et massacré 15 personnes durant 5 jours, a révélé des détails de ces « cours » : « C’étaient des personnes qu’on amenait en camion, vivantes, ligotés (…). Elles étaient réparties en groupe de 5 (…) les instructions étaient de leur arracher le bras, la tête… les dépecer vivantes (…) Ils sortaient en pleurant et demandaient qu’on ne leur fasse rien, qu’ils avaient une famille » http://www.eltiempo.com/archivo/doc...
… « Les cours de dépeçage » entraîner les paramilitaires à leur fonction la plus spécifique : semer la terreur dans la population, pour mener à la « dissuasion par la terreur » et parvenir à déplacer les survivants qui avaient assisté aux massacres.
Le paramilitaire HH s’est exprimé ainsi, se référant à l’armée de Colombie : « Nous autres étions illégaux mais eux sont plus coupables que nous, parce qu’ils représentaient l’Etat et qu’ils étaient obligés de protéger ces communautés, c’est pour ça qu’ils nous utilisaient. Nous commettions beaucoup d’homicides, et nous devons en répondre, mais eux aussi doivent en répondre… »
« H.H » révèle des liens avec Byron Carvajal et Rito Alejo del Rio :http://www.elespectador.com/noticia...
HH a confessé plus de 3000 assassinats ; il sera extradé pour ne pas révéler les commanditaires : http://www.kaosenlared.net/noticia/...
Stratégie d’Etat Paramilitaire pour dépecer les homosexuels. VIDEO-témoin : http://www.youtube.com/watch?v=ZfLq...;;feature=player_embedded
(11) Loi qui renforce l’immunité pour les crimes contre l’humanité, votée par le gouvernement de Santos : « Loi 1424 » http://www.rebelion.org/noticia.php...
(12) « En Colombie on a utilisé des fours crématoires pour faire disparaître les traces des personnes assassinées ou pour brûler vives certaines personnes. Les paramilitaires les emmenaient sur instruction de l’Armée et de la police. Sénatrice Piedad Cordoba :http://www.piedadcordoba.net/piedad...;;file=article&sid=3345&mode=thread&order=0&thold=0
Le paramilitaire Mancuso a réaffirmé qu’ils ont « brûlé » des victimes pour faire baisser les statistiques : http://www.elespectador.com/noticia...
L’Etat Colombien, émule des crimes nazis : Paramilitaires et Fours Crématoires… http://www.kaosenlared.net/noticia/...
Preuves photographiques des « faux positifs » : http://www.youtube.com/watch?v=VuSB...;;feature=player_embedded
(14) Le régime colombien a toujours 7500 prisonniers politiques en détention :http://www.arlac.be/A2009/2009/Tlax.... Campagne européenne 2009-2010 pour la libération des prisonniers politiques en Colombie. Ils sont 7500, en grande majorité prisonniers d’opinion et militants sociaux. Les associations et personnes dans le monde qui veulent appuyer la campagne pour la libération des prisonniers politiques en Colombie sont les bienvenues. Pour signer :
(15) Des centaines d’attentats à la voiture piégée ont été suscités par le DAS, Département Administratif de Sécurité, comme constaté dans des documents déclassifiés. DAS, police secrète impliquée dans des montages judiciaires et des attentats à l’explosif, selon des témoins et des documents appartenant au même DAS : http://www.kaosenlared.net/noticia/...
DAS, la police secrète : http://www.youtube.com/watch?v=Vfnk...;;feature=player_embedded
(16) Bases militaires US en Colombie : danger régional et aggravation du génocide, violences sexuelles et impunité : http://www.rebelion.org/noticia.php...
« (…) privilèges, exemptions et immunité accordés au personnel administratif et technique d’une mission diplomatique », en référence au pacte militaire que les Etats-Unis ont conclu avec le gouvernement colombien : http://www.youtube.com/watch?v=Vugt...;;feature=player_embedded
Traduction : Jean-Louis Sellier pour Investig'Action



miércoles, 16 de marzo de 2011

60% des syndicalistes assassinés dans le monde, le sont en Colombie


16 mars 2011
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En Colombie, on commet 60% des assassinats qui se présentent dans le monde(...) une violence historique, structurelle, systématique et sélective qui se traduit en un modèle de comportement de l'Etat colombien : cette violence depuis 1986, laisse au moins 2778 syndicalistes assassinés, 196 disparitions forcées et plus de 11096 faits de violence, qui constituent un génocide contre le mouvement syndical colombien.

L'organisation des victimes, un pas fondamental pour mettre un terme aux pratiques génocidaires.
La violence antisyndicale se pratique toujours dans un cadre particulier : la persistance de la crise des Droits de l'Homme, la continuité du conflit interne, l’instrumentalisation de la politique « sécurité démographique » et la militarisation de la société, qui montre des phénomènes de récidive de massacres de jeunes, des garçons et des fille. Un exemple récent dans l’Arauca (au Nord-Est) : la Présidente du « Polo Démocratique » a signalé que depuis le 7 août et jusqu'à maintenant, 50 leaders et défenseurs des Droits de l'Homme ont été assassinés. Parmi eux, des leaders qui réclamaient la restitution des terres. Il y a une nouvelle escalade de massacres, une victimisation croissante de la société colombienne démontrant la persistance des phénomènes comme le para politique, l'appui à la violence de quelques entreprises et multinationales d'un côté, les fausses bonnes nouvelles, les interceptions illégales comme le récent et dénoncé « plan Escalera », du paiement illégal d'informateurs d'un autre côté de la DAS, pour empêcher l'information des syndicats, la réorganisation paramilitaire, le soutien de l'impunité, la profonde crise social de l'emploi et la santé… Tout ça commence à être révélé et ne peut être occulté par le gouvernement.

Remarquons qu'il n'existe pas de conditions pour la réalisation des droits des victimes. Dans un premier temps, comme nous l'avions anticipé depuis le mouvement syndical et celui de quelques organisations des Droits de l'Homme, le processus de négociation et de réinsertion des groupes paramilitaires et leur instrument juridique, la loi Justice et Paix, a catégoriquement échoué. Ca a fermé les possibilités de reconstruction de la vérité, de justice et de réparations pour les victimes. Dans un second temps, on a vu les étroites limites d'un projet de Loi des victimes et du gouvernement d' « Unité Nationale » qui n'a pas consulté les organisations de victimes, ni les organisations sociales et syndicales victimes elles aussi. L'Etat s'arroge la faculté de définir qui est une victime ou qui ne l'est pas, et le thème central pour la discussion du gouvernement est le coût et le maintien fiscal, placés au-dessus des droits des victimes. En outre, le projet gouvernemental ne contient pas de réparation collective pour les organisations qui ont été détruites. Et l'Etat n'assume pas, par omission, sa responsabilité dans ce génocide.

Ainsi, nous signalons que l'Etat et le gouvernement colombien, en lien avec des entreprises, des multinationales et des acteurs juridiques, entament des actions pour essayer d'occulter le génocide. Ils développent travail diplomatique dans le but de ne pas reconnaître que le mouvement syndical continue d’être attaqué, en cherchant à imposer l'oubli à la violence systématique antisyndicale.

Des chiffres des violences

Nous nous permettons de signaler qu'à aucun moment, nous pouvons caractériser que nous sommes dans une situation de post-conflit. Au contraire, nos adhérents qui se trouvent sur presque tout le territoire national et nos organisations adhérentes souffrent de sévères violations. Si nous examinons ce qui s'est passé durant l'année 2010, il y a 39 syndicalistes qui ont été assassinés, parmi lesquels 17 éducateurs qui sont adhérents à Fecode. De plus, il persiste que chaque jour, on viole un droit à la vie, à la liberté et à l'intégrité des syndicalistes, comme cela s'est passé pendant les 25 dernières années. Entre le 1er janvier et le 30 août 2010, on a dénombré 275 violations. Parmi elles, 201 menaces, 16 attentats, 10 harcèlements, 5 enlèvements, 5 disparitions, 2 raids illégaux, 1 détention arbitraire et les homicides mentionnés. Ces faits sont des préliminaires pour l'année 2010 et inspirent un scénario de terreur pour ceux qui décident de lutter pour défendre des milliers de travailleurs et de travailleuses.

Ce phénomène est le prolongement d'une politique d'extermination et de destruction des organisations syndicales. Nos rencontres font écho à l'appel lancé à la communauté nationale et internationale pour mettre fin au génocide contre le mouvement syndical colombien. Dans cette lutte, nous avons réussi à ce que les organisations syndicales sœurs au niveau international ainsi que les organisations nationales et internationales des Droits de l'Homme se solidarisent avec notre situation. Et nous sommes également parvenus à ce que les instances comme l'OIT (Organisation Internationale du Travail), la Commission interaméricaine des Droits de l'Homme, des parlementaires et gouvernants de la communauté internationale, reconnaissent qu'en Colombie, on commet 60% des assassinats de syndicalistes qui sont perpétués dans le monde entier. Dénonciation qui a signifié la non-approbation ou ratification de Traités de libre commerce avec le gouvernement et les entreprises colombiens. C'est le cas du Traité de libre comme avec les Etats-Unis ou le groupe EFTA, des pays nordiques. Face à notre dénonciation du génocide, les rencontres avec les victimes ont rendu compte que le mouvement syndical colombien a souffert d’une violence historique, structurelle, systématique et sélective qui s'est convertie en un modèle de comportement de l'Etat colombien.

Cette violence depuis 1986, laisse au moins 2778 syndicalistes assassinés, 196 disparitions forcées et plus de 11.096 faits de violence, qui constituent un génocide contre le mouvement syndical colombien. Les régions les plus touchées sont dans l'ordre Antioquia, Santander, Valle dei Cauca, César et Magdalena. Les syndicats les plus touchés, en tenant compte des informations entre le 1er janvier 1986 et le 30 août 2010, sont Fecode et les éducateurs qui apparaissent comme les plus grandes victimes. Avec 921 homicides, suivent Sintrainagro, avec 798 homicides, USO avec 116 homicides, Anthoc avec 58 homicides, Sintraelecol avec 50 homicides, Arsonal avec 47 homicides, Sutimac avec38 homicides, et Fensuagro 37 homicides. L'analyse de cette information a mis en évidence que la violence contre le syndicalisme s'est concentré sur 15 syndicats, c'est-à-dire, 78% des homicides se sont réalisés contre les adhérents de ces organisations. On peut en déduire qu’il y a eu une violence orientée vers l'extermination des organisations syndicales au-delà de l'individu victime d'un homicide.

Ce phénomène a de profondes racines historiques, non seulement pour le mouvement syndical, mais pour beaucoup de secteurs sociaux, ethniques et politiques qui ont souffert d’une pratique d'extermination massive.
Dès l'apparition du mouvement syndical en Colombie, la violence antisyndicale a été une constante et on a imposé aux organisations et à leurs adhérents le rôle de victime par le seul fait d'exercer les droits d'association et l'exercice des libertés syndicales. Nous pouvons mentionner comme antécédents historiques les réponses violentes face aux pétitions des travailleurs, les luttes et actions historiques des travailleurs des chemins de fer, des pétroliers, des travailleurs de chantiers navals et la tristement célèbre luttes des travailleurs agricoles et des travailleurs de la banane qui réussirent leurs premières revendications, certains y laissant leur vie.

L'impunité assure la persistance du génocide syndical

Face à la grave situation de violence contre le mouvement syndical, les mesures de l'Etat ont été presque nulles. Seulement jusqu'à la moitié de l'année 2007, le ministère public et la magistrature ont entrepris une sorte de mesure, impulsée par la pression du mouvement syndical colombien et mondial, dans le cadre des discussions sur le Traité de Libre Commerce que le gouvernement de Colombie souhaitait signer avec les Etats-Unis.

L'intolérable situation d'impunité se maintient, en démontrant que l'unité spéciale du ministère public et les trois juges chargés des crimes contre les syndicalistes, n'ont pas constitué une mesure sérieuse, adéquate et effective pour réaliser des avancées. Si en 2007 on parlait d'une impunité de 100%, aujourd'hui malgré la dénonciation, la pression internationale et les différents discours de l'Etat colombien, l'impunité, pour le cas des homicides est de 96% et dans d'autres violations, l'impunité est de 99.84%. Précisons que dans la majorité des cas, on détermine des sentences pour des auteurs matériels, mais les sentences pour identifier les auteurs intellectuels de violations des Droits de l'Homme des syndicalistes sont presque inexistantes. Par conséquent, dans la mesure où on ne démonte pas les structures génératrices de violence antisyndicale, cela renvoie un message très négatif sur le haut degré d'impunité des coupables ainsi que sur la non-considération permanente des victimes du mouvement syndical.
Le mouvement syndical, et spécialement la Centrale Unitaire des Travailleurs (CUT) qui a offert 87% des victimes de la violence antisyndicale, a l'obligation morale de recueillir la mémoire et revendiquer les droits à la vérité, à la justice, à la réparation intégrale et la non re-victimisation aussi bien individuelle que collective. Il faut défendre de cette manière le droit d'exister dans le libre exercice des libertés syndicales et la défense des droits des travailleurs.
Traduit de l'espagnol par Sylviane Mangata pour Investig'Action

miércoles, 23 de febrero de 2011

Colombie: des fosses communes à la consolidation du grand capital; la Loi sur les Terres de Santos


Colombie: des fosses communes à la consolidation du grand capital; la Loi sur les Terres de Santos

 Par Azalea Robles

  • "Il faut promouvoir la mobilité des droits de propriété " Banque mondiale.
     
  • De nombreuses victimes de la contre-réforme agraire en Colombie ont disparu dans les fours crématoires, les élevages de caïmans et les fosses communes ” Survivant.
     
  • Ce que vise la Loi sur les Terres de Santos, c'est à légaliser la spoliation des terres. C'est la consolidation de la contre-réforme agraire.
     
  • Les millions d'hectares de terres volés aux victimes et aux personnes déplacées par le terrorisme d'État en Colombie sont sur le point d'être remis légalement entre les mains du grand capital, grâce à un tour de passe-passe juridique très futé du gouvernement de Juan Manuel Santos.
     
  • “Le président Uribe se plaignait de ne pas pouvoir créer d'exploitations de 45.000 hectares dans les plaines orientales : il se plaignait de ne pas pouvoir supprimer l'UAF, qui est une parcelle relativement petite de terre, et cela gênait M. Uribe (…) À l'article 69, on lit l'UAF sera supprimée (… ); c'était ce dont se plaignait Uribe…” J.E.Robledo

Depuis la prise de fonctions du nouveau président de Colombie, Juan Manuel Santos, propriétaire des principaux médias de masse et grand latifundiste, nous avons été témoins d'une grande opération médiatique qui vise à présenter les “différences” entre l'administration de Santos et l'administration de Uribe. L'administration de Uribe est apparue publiquement comme une administration marquée par le paramilitarisme, la torture, les violations des droits humains… et la stratégie consiste à faire croire que Santos se démarque de ces niveaux de barbarie, en s'appuyant sur le monopole des médias de masse. Il convient cependant de rappeler que Santos a été ministre de la Défense de Uribe, et responsable des mal nommés “faux positifs ” (1) : exécutions extrajudiciaires pratiquées par l'armée de Colombie. Les militaires enlèvent des jeunes, les déguisent en guérilleros et les assassinent, puis ils les présentent comme des “guérilleros morts au combat”. Les militaires commettent ce crime pour “afficher des résultats” dans leur guerre contre l'insurrection, et aussi pour assassiner les civils qui “dérangent” (lire les syndicalistes, les enseignants, les dirigeants paysans, etc.). Les médias de masse se chargent de diffuser le mensonge, puisqu'en Colombie les moyens de diffusion de masse prennent pour argent comptant ce que leur disent les sources militaires… La médiatisation des supposés guérilleros morts est macabre : on montre des corps alignés, à demi nus, allongés sur le sol … On conditionne ainsi l'opinion publique à la déshumanisation des guérilleros. Avec les “faux positifs”, la directive présidentielle 029 pousse les militaires à “présenter des cadavres”, puisqu'ils reçoivent des récompenses économiques ou des permissions en fonction des cadavres présentés.
Les organisations de victimes dénoncent plus de 5.000 cas de “faux positifs”, la Fiscalía enquête sur quelque 2.000 exécutions extrajudiciaires commises directement par des membres des forces de sécurité de l'État colombien, mais l'impunité règne. Les “faux positifs” sont des crimes contre l'humanité et montrent à quel point les montages, les mensonges et les crimes font partie intégrante de l'État colombien, qui relève du concept d'État terroriste. C'est une évidence triste et vérifiable, bien que le degré d'horreur la fasse paraître invraisemblable; l'ONU et d'autres organismes sont au courant de ces pratiques mais demeurent complaisants à l'égard de l'État colombien.
Les faux positifs sont de réels assassinats qui servent à créer une réalité virtuelle… les médias de masse exercent un rôle particulièrement belliciste en Colombie, en légitimant un régime génocidaire, au point d'occulter les fosses communes gigantesques, comme ils ont essayé de le faire avec la plus grande fosse commune du continent américain (2), située derrière la base militaire de la Force Omega à la Macarena (Meta), qui contient au moins 2.000 cadavres, et qui a été dénoncée par des observateurs internationaux, des ONG de défense des droits humains, et par des proches de victimes de disparus … Les médias de masse cachent les crimes de l'État colombien et se prêtent à tous les montages que préconisent les militaires, comme la médiatisation des morts de paysans déguisés en guérilleros.
La construction d'une réalité virtuelle, qui opère comme une scénographie masquant la réalité objective, est une composante fondamentale de la guerre en Colombie. Et dans ce texte, nous voulons traiter d'un cas essentiel de falsimedia (désinformation), puisqu'il s'agit de tromper au sujet d'une des questions les plus fondamentales de l'injustice et de la guerre en Colombie : la question de la terre.
Pour blanchir l'image du gouvernement de Santos, les médias de masse cherchent à faire croire, en Colombie et dans le monde, que Santos “rendra la terre aux déplacés” et “procédera à une réforme agraire”… Rien n'est plus éloigné de la réalité, bien que les apparences se fondent sur des échafaudages spécialement construits pour soutenir la propagande. L'argument de ce gouvernement, “la réparation aux victimes”, auxquelles on dit qu'ont leur rendra les terres usurpées, a été dénoncé comme une utilisation cynique des déplacés par des organisations de victimes telles que le Mouvement des victimes de crimes d'État, et par des opposants tels que le sénateur Robledo. (3)
 Concrètement, l'objectif de la Loi sur les Terres de Santos est la légalisation de la spoliation des terres. C'est la consolidation de la contre-réforme agraire.
 Les millions d'hectares de terres volés aux victimes et aux personnes déplacées par le terrorisme d'État en Colombie sont sur le point d'être remis légalement entre les mains du grand capital, grâce à un tour de passe-passe juridique très futé du gouvernement de Juan Manuel Santos.
C'est le même cynisme qui a été appliqué en Colombie lors des fameux "dialogues de Ralito 'entre' le gouvernement et les paramilitaires", dialogues populairement qualifiés de Monologue, étant donné la façon dont la structure paramilitaire est utilisée comme outil de guerre sale par l'État lui-même... Le paramilitarisme est l'arme de la guerre sale de l'État colombien, et bénéficie aussi d'un financement et des conseils des multinationales et des latifundistes; c'est un outil mis en oeuvre pour éliminer les opposants et chasser d'immenses quantités de personnes de zones à haut intérêt économique. 
Aujourd'hui, ce sont plus de 6 millions d'hectares de terres qui ont été enlevés aux victimes et déplacés; en Colombie, on compte plus de 4,5 millions de déplacés. Le MOVICE et d'autres sources parlent de plus de 10 millions d'hectares usurpés, le gouvernement avance le chiffre de 3,5 millions d'hectares.
La Loi sur les terres de Santos contient plusieurs ruses, voyons  concrètement en quoi consiste la règle:
La règle dit que dans certaines zones du pays choisies par le gouvernement, il sera procédé à des restitutions de terres dans un délai limité.
Si la personne spoliée ne veut pas de la terre, l'État lui propose un titre de trésorerie qui viendra à échéance avec une vente très bon marché de sa terre.
D'après les enquêtes, la grande majorité des déplacés (jusqu'à 80%) craignent de revenir sur leurs terres étant donné que les régions sont sous la domination du paramilitarisme et qu'il y règne un régime de terreur.
Ce qui précède montre que ce que l'on présente comme la restitution de parcelles de terre aux personnes spoliées par la violence cache justement la spoliation définitive de ces personnes.
La Loi sur les Terres est présentée dans les médias de masse pour ce qu'elle n'est pas.
En Colombie, les terres doivent être restituées aux déplacés; mais ce n'est pas ce que vise la Loi sur les Terres. Premièrement : la Loi ne sera pas d'application dans l'ensemble du pays, mais uniquement dans les territoires désignés par le gouvernement (zones de consolidation paramilitaire-militaire). Les déplacés ne pourront donc pas effectivement aller vivre dans des zones dominées par leurs bourreaux.
Deuxièmement : La politique agricole de ce gouvernement s'inscrit dans la poursuite de la politique du gouvernement de Uribe, en ce sens qu'il s'agit d'une politique néolibérale, qui favorise la grande propriété, le capital étranger, la méga exploitation minière, les mono-méga-cultures, le démantèlement de la protection des paysans et du secteur national de l'agriculture contre les produits subventionnés des USA et de l'UE : une politique d'annihilation de la souveraineté alimentaire …
On va supprimer l'UAF (Unité agricole familiale) pour établir de grandes plantations sur les hauts plateaux. Davantage de terres seront dévolues aux multinationales étrangères. La Banque mondiale encourage la concentration des terres et préconise l'acquisition de titres comme étape préalable à la constitution de monopoles. L'acquisition de titres sur les terres est désormais encouragée par le gouvernement, alors qu'il l'a toujours rejetée; il est évident qu'aujourd'hui, l'objectif est le transfert des terres des paysans vers le grand capital. Selon la Banque mondiale : "Il faut promouvoir la mobilité des droits de propriété."
La politique agricole du gouvernement de Juan Manuel Santos, qui est  de favoriser la grande propriété et le ‘libre commerce’ implique la ruine de l'agriculture : un appauvrissement accru, davantage de déplacements en masse des populations, davantage de faim et de misère, dans un pays dont la majorité de la population vit déjà dans l'indigence.
En Colombie, 68% de la population vit dans la pauvreté et l'indigence. La concentration de la richesse est scandaleuse : la Colombie est le 11e pays dans le monde où l'inégalité sociale est la plus élevée (11e place selon le cœfficient de GINI), et est le pays où l'inégalité est la plus grande sur le continent américain. Il y aurait, selon les chiffres les plus cléments, 8 millions d'indigents et 20 millions de pauvres (4). Plus de 20.000 enfants de moins de 5 ans meurent chaque année de dénutrition aiguë (chiffres de l'UNICEF); sur 100 mères déplacées en cours de grossesse, 80 souffrent de dénutrition chronique(5). Simultanément, et corrélativement à cette misère, un seul banquier, Sarmiento Angulo, contrôle 42% du crédit national et déclare des revenus de 1.250 millions de dollars pour le dernier bimestre de 2009. (6)
Cette injustice sociale et cette misère vont s'accentuer avec la politique agricole du gouvernement de Santos, qui poursuivra les TLC et le ‘libre commerce’. L'article 53, qui se réfère à la politique agraire de l'administration de Santos, parle d'encourager la grande production entrepreneuriale… Elle soutient le modèle de la grande propriété et de l'extraction minière par les multinationales.
 Avec la Loi sur les Terres de Santos, il s'agit d'officialiser des changements de propriété : et plus (uniquement) par la spoliation, mais par la voie...disons "licite"... quel cynisme ! Après des centaines de massacres, et la création de zones de terreur militaire-paramilitaire, de zones de non retour, on cherche à créer une situation de non retour juridique.
On a caché la réalité terrible au sujet de la Loi sur les Terres de Juan Manuel Santos.
C'est une loi qui va également mettre fin aux rares dernières lois sur la protection des petits paysans, comme l'UAF (Unité agricole familiale).  L'UAF est  une loi qui limite les terrains, qui empêche les dimensions exagérées.
 Voici ce qu'a déclaré le sénateur Jorge Enrique Robledo à ce sujet (7), lors du débat sur le projet de loi sur les terres, en séance plénière du Sénat, en septembre 2010 :
“Le président Uribe se plaignait de ne pas pouvoir créer d'exploitations de 45.000 hectares dans les plaines orientales : il se plaignait de ne pas pouvoir supprimer l'UAF, qui est une parcelle relativement petite de terre, et cela gênait M. Uribe (…) À l'article 69 (relatif à la politique agricole de l'administration de Santos),  on lit que l'UAF (Unité agricole familiale)… sera supprimée (… ); c'était ce dont se plaignait Uribe…” 
Il faut dénoncer cette Loi des Terres pour ce qu'elle est : une étape fondamentale de la spoliation, la légalisation sans retour en arrière par la voie juridique.
Le terrorisme d'État en Colombie et le modèle minier de saccage de l'environnement et de spoliation des paysans, des indigènes et des afro-descendants se consolide avec Santos; ce n'est pas pour rien que d'aucuns l'appellent “le nouvel administrateur des intérêts des USA et de l'UE en Colombie”. Le terrorisme d'État demeure la garantie d'éliminer les opposants au pillage.
NOTES:
1.             “faux positifs”¹(Les faux positifs sont des assassinats d'enfants et de jeunes gens perpétrés par l'armée colombienne, qui médiatise ensuite leurs cadavres en les faisant passer pour des “guérilleros morts au combat”: http://www.falsos-positivos.blogspot.com/
 2.             La plus grande fosse commune d'Amérique latine, une découverte dantesque qui ne suscite cependant pas le rejet international que mérite le régime colombien : plus de 2000 cadavres de disparus imputables à la force Omega du "Plan Colombie". (16) L'armée y aurait enterré des disparus depuis 2005:  http://www.publico.es/internacional/288773/aparece/colombia/fosa/comun/cadavereshttp://www.rebelion.org/noticia.php?id=99507
 4.             L'étude de la Misión para el Empalme de las Series de Empleo (MESEP), Pauvreté et inégalité 2009, a comptabilisé huit millions de Colombiens dans l'indigence et 20 millions de pauvres. Dans les zones rurales, sur 100 foyers, 65 sont considérés comme pauvres et 33 vivent dans l'indigence. http://www.abpnoticias.com/index.php?option=com_content&task=view&id=2446&Itemid=90http://www.elcolombiano.com/BancoConocimiento/I/informe_sobre_pobreza_e_indigencia/informe_sobre_pobreza_e_indigencia.asp
5.             En Colombie, plus de 20.000 enfants de moins de 5 ans meurent chaque année de dénutrition aiguë; sur 100 mères déplacées enceintes, 80 souffrent de dénutrition chronique, UNICEF:http://www.elcolombiano.com/BancoConocimiento/D/desnutricion_infantil_que_no_deja_crecer_/desnutricion_infantil_que_no_deja_crecer_.asp

http://colombia.indymedia.org/news/2009/09/106455.php

La Colombie, pauvre parmi les pauvres : http://alainet.org/active/33960&lang=es
 6.             Sarmiento Angulo, l'entrepreneur le plus riche de Colombie est, avec la poignée d'oligarques parmi lesquels on distingue Ardila Lule et Santo Domingo, le grand promoteur de la néfaste “Sécurité" démocratique” du gouvernement Uribe, et, par hasard, Uribe a obéi à chacune de ses suggestions en un temps record de 24 heures, comme ce fut le cas lorsque Sarmiento Angulo proposa que “l'impôt pour financer la sécurité démocratique” soit permanent et qu'il s'applique à tous les Colombiens : aussitôt dit, aussitôt fait : http://www.lasillavacia.com/historia/1717

http://noticieroconfidencial.com/?p=11

Colombie : les revenus et les bénéfices des grandes entreprises sont en augmentation http://www.desdeabajo.info/index.php/actualidad/colombia/4850-colombia-crecen-las-ganancias-y-los-beneficios-de-las-grandes-empresas.html

Crise du modèle néolibéral et inégalité en Colombie (…) http://www.desdeabajo.info/index.php/fondo-editorial/vertices-colombianos/5779-crisis-del-modelo-neoliberal-y-desigualdad-en-colombia-dos-decadas-de-politicas-publicas.html

http://www.portafolio.com.co/economia/finanzas/ARTICULO-WEB-NOTA_INTERIOR_PORTA-7480367.html

Publié le 15 février 2010 : Les revenus du secteur financier ont atteint les 8,5 milliards de dollars. http://www.elespectador.com/articulo187857-ganancias-del-sector-financiero-llegaron-85-billones
 7.            L'exposé du sénateur Jorge Enrique Robledo lors du débat sur le projet de loi sur les terres, pendant la séance plénière du Sénat  du 21 septembre 2010, nous éclaire sur cette question : http://www.youtube.com/user/POLOMOIRTV#p/a/u/0/4rHBVTE6eaw 


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traduction ARLAC

miércoles, 9 de febrero de 2011

Les fléaux de la Colombie


9 février 2011
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La construction d'une réalité virtuelle, qui opère comme une scénographie masquant la réalité objective, est une composante fondamentale de la guerre en Colombie.

 • "Il faut promouvoir la mobilité des droits de propriété " Banque mondiale.
 

 • “De nombreuses victimes de la contre-réforme agraire en Colombie ont disparu dans les fours crématoires, les élevages de caïmans et les fosses communes ” Survivant.
 

 • Ce que vise la Loi sur les Terres de Santos, c'est à légaliser la spoliation des terres. C'est la consolidation de la contre-réforme agraire.
 

 • Les millions d'hectares de terres volés aux victimes et aux personnes déplacées par le terrorisme d'État en Colombie sont sur le point d'être remis légalement entre les mains du grand capital, grâce à un tour de passe-passe juridique très futé du gouvernement de Juan Manuel Santos.
 

 • “Le président Uribe se plaignait de ne pas pouvoir créer d'exploitations de 45.000 hectares dans les plaines orientales : il se plaignait de ne pas pouvoir supprimer l'UAF, qui est une parcelle relativement petite de terre, et cela gênait M. Uribe (…) À l'article 69, on lit l'UAF sera supprimée (… ) ; c'était ce dont se plaignait Uribe…” J.E.Robledo 

Depuis la prise de fonctions du nouveau président de Colombie, Juan Manuel Santos, propriétaire des principaux médias de masse et grand latifundiste, nous avons été témoins d'une grande opération médiatique qui vise à présenter les “différences” entre l'administration de Santos et l'administration de Uribe. L'administration de Uribe est apparue publiquement comme une administration marquée par le paramilitarisme, la torture, les violations des droits humains… et la stratégie consiste à faire croire que Santos se démarque de ces niveaux de barbarie, en s'appuyant sur le monopole des médias de masse.
Il convient cependant de rappeler que Santos a été ministre de la Défense de Uribe, et responsable des mal nommés “faux positifs ” (1) : exécutions extrajudiciaires pratiquées par l'armée de Colombie.
Les militaires enlèvent des jeunes, les déguisent en guérilleros et les assassinent, puis ils les présentent comme des “guérilleros morts au combat”. Les militaires commettent ce crime pour “afficher des résultats” dans leur guerre contre l'insurrection, et aussi pour assassiner les civils qui “dérangent” (lire les syndicalistes, les enseignants, les dirigeants paysans, etc.). Les médias de masse se chargent de diffuser le mensonge, puisqu'en Colombie les moyens de diffusion de masse prennent pour argent comptant ce que leur disent les sources militaires… La médiatisation des supposés guérilleros morts est macabre : on montre des corps alignés, à demi nus, allongés sur le sol … On conditionne ainsi l'opinion publique à la déshumanisation des guérilleros. Avec les “faux positifs”, la directive présidentielle 029 pousse les militaires à “présenter des cadavres”, puisqu'ils reçoivent des récompenses économiques ou des permissions en fonction des cadavres présentés.


Les organisations de victimes dénoncent plus de 5.000 cas de “faux positifs”, la Fiscalía enquête sur quelque 2.000 exécutions extrajudiciaires commises directement par des membres des forces de sécurité de l'État colombien, mais l'impunité règne. Les “faux positifs” sont des crimes contre l'humanité et montrent à quel point les montages, les mensonges et les crimes font partie intégrante de l'État colombien, qui relève du concept d'État terroriste. C'est une évidence triste et vérifiable, bien que le degré d'horreur la fasse paraître invraisemblable ; l'ONU et d'autres organismes sont au courant de ces pratiques mais demeurent complaisants à l'égard de l'État colombien.


Les faux positifs sont de réels assassinats qui servent à créer une réalité virtuelle… les médias de masse exercent un rôle particulièrement belliciste en Colombie, en légitimant un régime génocidaire, au point d'occulter les fosses communes gigantesques, comme ils ont essayé de le faire avec la plus grande fosse commune du continent américain (2), située derrière la base militaire de la Force Omega à la Macarena (Meta), qui contient au moins 2.000 cadavres, et qui a été dénoncée par des observateurs internationaux, des ONG de défense des droits humains, et par des proches de victimes de disparus … Les médias de masse cachent les crimes de l'État colombien et se prêtent à tous les montages que préconisent les militaires, comme la médiatisation des morts de paysans déguisés en guérilleros.


La construction d'une réalité virtuelle, qui opère comme une scénographie masquant la réalité objective, est une composante fondamentale de la guerre en Colombie. Et dans ce texte, nous voulons traiter d'un cas essentiel de falsimedia (désinformation), puisqu'il s'agit de tromper au sujet d'une des questions les plus fondamentales de l'injustice et de la guerre en Colombie : la question de la terre.

Pour blanchir l'image du gouvernement de Santos, les médias de masse cherchent à faire croire, en Colombie et dans le monde, que Santos “rendra la terre aux déplacés” et “procédera à une réforme agraire”… Rien n'est plus éloigné de la réalité, bien que les apparences se fondent sur des échafaudages spécialement construits pour soutenir la propagande. L'argument de ce gouvernement, “la réparation aux victimes”, auxquelles on dit qu'ont leur rendra les terres usurpées, a été dénoncé comme une utilisation cynique des déplacés par des organisations de victimes telles que le Mouvement des victimes de crimes d'État, et par des opposants tels que le sénateur Robledo. (3)
 Concrètement, l'objectif de la Loi sur les Terres de Santos est la légalisation de la spoliation des terres. C'est la consolidation de la contre-réforme agraire.
 Les millions d'hectares de terres volés aux victimes et aux personnes déplacées par le terrorisme d'État en Colombie sont sur le point d'être remis légalement entre les mains du grand capital, grâce à un tour de passe-passe juridique très futé du gouvernement de Juan Manuel Santos.


C'est le même cynisme qui a été appliqué en Colombie lors des fameux "dialogues de Ralito 'entre' le gouvernement et les paramilitaires", dialogues populairement qualifiés de Monologue, étant donné la façon dont la structure paramilitaire est utilisée comme outil de guerre sale par l'État lui-même... Le paramilitarisme est l'arme de la guerre sale de l'État colombien, et bénéficie aussi d'un financement et des conseils des multinationales et des latifundistes ; c'est un outil mis en œuvre pour éliminer les opposants et chasser d'immenses quantités de personnes de zones à haut intérêt économique. 


Aujourd'hui, ce sont plus de 6 millions d'hectares de terres qui ont été enlevés aux victimes et déplacés ; en Colombie, on compte plus de 4,5 millions de déplacés. Le MOVICE et d'autres sources parlent de plus de 10 millions d'hectares usurpés, le gouvernement avance le chiffre de 3,5 millions d'hectares.
La Loi sur les terres de Santos contient plusieurs ruses, voyons concrètement en quoi consiste la règle :

La règle dit que dans certaines zones du pays choisies par le gouvernement, il sera procédé à des restitutions de terres dans un délai limité.

Si la personne spoliée ne veut pas de la terre, l'État lui propose un titre de trésorerie qui viendra à échéance avec une vente très bon marché de sa terre.
D'après les enquêtes, la grande majorité des déplacés (jusqu'à 80%) craignent de revenir sur leurs terres étant donné que les régions sont sous la domination du paramilitarisme et qu'il y règne un régime de terreur.

Ce qui précède montre que ce que l'on présente comme la restitution de parcelles de terre aux personnes spoliées par la violence cache justement la spoliation définitive de ces personnes.

La Loi sur les Terres est présentée dans les médias de masse pour ce qu'elle n'est pas.

En Colombie, les terres doivent être restituées aux déplacés ; mais ce n'est pas ce que vise la Loi sur les Terres. Premièrement : la Loi ne sera pas d'application dans l'ensemble du pays, mais uniquement dans les territoires désignés par le gouvernement (zones de consolidation paramilitaire-militaire). Les déplacés ne pourront donc pas effectivement aller vivre dans des zones dominées par leurs bourreaux.

Deuxièmement : La politique agricole de ce gouvernement s'inscrit dans la poursuite de la politique du gouvernement de Uribe, en ce sens qu'il s'agit d'une politique néolibérale, qui favorise la grande propriété, le capital étranger, la méga exploitation minière, les mono-méga-cultures, le démantèlement de la protection des paysans et du secteur national de l'agriculture contre les produits subventionnés des USA et de l'UE : une politique d'annihilation de la souveraineté alimentaire …


On va supprimer l'UAF (Unité agricole familiale) pour établir de grandes plantations sur les hauts plateaux. Davantage de terres seront dévolues aux multinationales étrangères. La Banque mondiale encourage la concentration des terres et préconise l'acquisition de titres comme étape préalable à la constitution de monopoles. L'acquisition de titres sur les terres est désormais encouragée par le gouvernement, alors qu'il l'a toujours rejetée ; il est évident qu'aujourd'hui, l'objectif est le transfert des terres des paysans vers le grand capital. Selon la Banque mondiale : "Il faut promouvoir la mobilité des droits de propriété."
La politique agricole du gouvernement de Juan Manuel Santos, qui est de favoriser la grande propriété et le ‘libre commerce’ implique la ruine de l'agriculture : un appauvrissement accru, davantage de déplacements en masse des populations, davantage de faim et de misère, dans un pays dont la majorité de la population vit déjà dans l'indigence.

En Colombie, 68% de la population vit dans la pauvreté et l'indigence. La concentration de la richesse est scandaleuse : la Colombie est le 11e pays dans le monde où l'inégalité sociale est la plus élevée (11e place selon le cœfficient de GINI), et est le pays où l'inégalité est la plus grande sur le continent américain. Il y aurait, selon les chiffres les plus cléments, 8 millions d'indigents et 20 millions de pauvres (4). Plus de 20.000 enfants de moins de 5 ans meurent chaque année de dénutrition aiguë (chiffres de l'UNICEF) ; sur 100 mères déplacées en cours de grossesse, 80 souffrent de dénutrition chronique (5). Simultanément, et corrélativement à cette misère, un seul banquier, Sarmiento Angulo, contrôle 42% du crédit national et déclare des revenus de 1.250 millions de dollars pour le dernier bimestre de 2009. (6)

Cette injustice sociale et cette misère vont s'accentuer avec la politique agricole du gouvernement de Santos, qui poursuivra les TLC et le ‘libre commerce’. L'article 53, qui se réfère à la politique agraire de l'administration de Santos, parle d'encourager la grande production entrepreneuriale… Elle soutient le modèle de la grande propriété et de l'extraction minière par les multinationales.
 Avec la Loi sur les Terres de Santos, il s'agit d'officialiser des changements de propriété : et plus (uniquement) par la spoliation, mais par la voie...disons "licite"... quel cynisme ! Après des centaines de massacres, et la création de zones de terreur militaire-paramilitaire, de zones de non retour, on cherche à créer une situation de non retour juridique.

On a caché la réalité terrible au sujet de la Loi sur les Terres de Santos.

C'est une loi qui va également mettre fin aux rares dernières lois sur la protection des petits paysans, comme l'UAF (Unité agricole familiale). L'UAF est une loi qui limite les terrains, qui empêche les dimensions exagérées.

 Voici ce qu'a déclaré le sénateur Jorge Enrique Robledo à ce sujet (7), lors du débat sur le projet de loi sur les terres, en séance plénière du Sénat, en septembre 2010 :

“Le président Uribe se plaignait de ne pas pouvoir créer d'exploitations de 45.000 hectares dans les plaines orientales : il se plaignait de ne pas pouvoir supprimer l'UAF, qui est une parcelle relativement petite de terre, et cela gênait M. Uribe (…) À l'article 69 (relatif à la politique agricole de l'administration de Santos), on lit que l'UAF (Unité agricole familiale)… sera supprimée (… ) ; c'était ce dont se plaignait Uribe…” 

Il faut dénoncer cette Loi des Terres pour ce qu'elle est : une étape fondamentale de la spoliation, la légalisation sans retour en arrière par la voie juridique.
Le terrorisme d'État en Colombie et le modèle minier de saccage de l'environnement et de spoliation des paysans, des indigènes et des afro-descendants se consolide avec Santos ; ce n'est pas pour rien que d'aucuns l'appellent “le nouvel administrateur des intérêts des USA et de l'UE en Colombie”. Le terrorisme d'État demeure la garantie d'éliminer les opposants au pillage.


NOTES :

1. “faux positifs”¹ : (Les faux positifs sont des assassinats d'enfants et de jeunes gens perpétrés par l'armée colombienne, qui médiatise ensuite leurs cadavres en les faisant passer pour des “guérilleros morts au combat” : http://www.falsos-positivos.blogspo...

http://www.rebelion.org/noticia.php...;;titular=terrorismo-de-estado :-el-caso-de-los-falsos-positivos-

 2. La plus grande fosse commune d'Amérique latine, une découverte dantesque qui ne suscite cependant pas le rejet international que mérite le régime colombien : plus de 2000 cadavres de disparus imputables à la force Omega du "Plan Colombie". (16) L'armée y aurait enterré des disparus depuis 2005 : http://www.publico.es/internacional...
 4. L'étude de la Misión para el Empalme de las Series de Empleo (MESEP), Pauvreté et inégalité 2009, a comptabilisé huit millions de Colombiens dans l'indigence et 20 millions de pauvres. Dans les zones rurales, sur 100 foyers, 65 sont considérés comme pauvres et 33 vivent dans l'indigence.http://www.abpnoticias.com/index.ph...;;task=view&id=2446&Itemid=90
http://www.elcolombiano.com/BancoCo...
5. En Colombie, plus de 20.000 enfants de moins de 5 ans meurent chaque année de dénutrition aiguë ; sur 100 mères déplacées enceintes, 80 souffrent de dénutrition chronique, UNICEF : http://www.elcolombiano.com/BancoCo...

http://colombia.indymedia.org/news/...

La Colombie, pauvre parmi les pauvres : http://alainet.org/active/33960&amp...;;=es
 
6. Sarmiento Angulo, l'entrepreneur le plus riche de Colombie est, avec la poignée d'oligarques parmi lesquels on distingue Ardila Lule et Santo Domingo, le grand promoteur de la néfaste “Sécurité" démocratique” du gouvernement Uribe, et, par hasard, Uribe a obéi à chacune de ses suggestions en un temps record de 24 heures, comme ce fut le cas lorsque Sarmiento Angulo proposa que “l'impôt pour financer la sécurité démocratique” soit permanent et qu'il s'applique à tous les Colombiens : aussitôt dit, aussitôt fait :http://www.lasillavacia.com/histori...

http://noticieroconfidencial.com/?p=11

Colombie : les revenus et les bénéfices des grandes entreprises sont en augmentationhttp://www.desdeabajo.info/index.ph...

Crise du modèle néolibéral et inégalité en Colombie (…)http://www.desdeabajo.info/index.ph...

http://www.portafolio.com.co/econom...

Publié le 15 février 2010 : Les revenus du secteur financier ont atteint les 8,5 milliards de dollars.http://www.elespectador.com/articul...
 
7. L'exposé du sénateur Jorge Enrique Robledo lors du débat sur le projet de loi sur les terres, pendant la séance plénière du Sénat du 21 septembre 2010, nous éclaire sur cette question :http://www.youtube.com/user/POLOMOI...

Source : Arlac
Image : Galerie des victimes à Popayan, Colombie. Cédric Rutter Investig'Action